L’abstrait s’oppose au concret. Il peut être particulier ou général.
L’abstrait ne résulte pas de la dissociation de ce qui est uni, mais de la séparation de ce qui est inséparable il y aurait extension abusive de l’emploi de ce mot si l’on disait que l’individu n’est connu qu’à titre d’abstrait, sous prétexte que l’individu n’existe jamais en dehors de la société dont il fait partie intégrante. Quand l’anatomie considère isolément tel ou tel organe, elle n’en fait pas pour cela un abstrait, puisque l’organe peut être séparé du corps: la dissection nous le montre comme parfaitement concret.
Remarquons que certains auteurs ne conviendraient pas de l’existence d’idées abstraites particulières ce ne sont, diraient-ils, que des actes particuliers d’attention et la véritable abstraction, essentiellement logique et mentale, ne saurait nous donner que des idées générales. L’abstraction prépare la généralisation l’abstrait est l’élément du général et, plus l’idée est générale, plus haut est son degré d’abstraction; la plus générale des idées, l’idée d’être est à la fois la plus abstraite et la plus simple de toutes.

